Articles de la catégorie Récit de vie


L’ani tombu da sopra à u milinu – « on l’a tu » au-dessus du moulin », me contait ma grand-mère quand j’étais petit garçon. Elle tenait le récit de son aïeul qui était né sous le consulat, et l’avait lui-même reçu d’un lointain ancêtre. C’était comme si nous y étions : le cadre, les acteurs, le haro, le déchaînement, la trahison bien sûr et le prix du sang, rien n’y manquait. Je n’ai pas oublié, et c’est sur […]

La Corse comme elle vient (X Versini)



La transhumance se préparait quelques jours à l’avance. Il fallait laisser tout en ordre. Du pain biscuit en quantité et des réserves alimentaires étaient stockés dans notre maison d’Oriu afin que ceux qui devaient rester à la plaine durant les grands travaux des champs ne manquent de rien. Au moment de la fenaison, des blés à couper ou la vigne à traiter, on ne pouvait s’absenter pour aller en ville. La veille du départ, le […]

Fils et petits fils de berger en Alta Rocca (J.D Giovannangeli)



Le chemin des sources profondes « Gare de Lyon, sept heures trente du matin. Nous sommes le 27 octobre 1954. Le soleil n’est pas au rendez-vous. Piuvigginegha….il bruine sur Paris. Un camion de l’armée me récupère au pied de la grande horloge. Direction : Versailles. Ce n’est pas vraiment un jour pour flâner, d’ailleurs je ne verrai pas grand-chose. Cette ville si longtemps rêvée, cette Babylone, me fascinera, mais plus tard. Je vais avoir vingt-trois ans ; une […]

Le chemin des sources profondes (A Ciosi)



Une odeur de figuier sauvage. « Sous la treille aux raisins encore verts, juste à côté du jujubier, une meule à la retraite nous servait de table. J’entends encore l’incessant bavardage de la rivière, mêlé au bruissement du vent dans les branches du vieux noyer. Parfois le cri perçant d’un geai, l’oiseau le plus voleur de tous, faisait taire un instant le rossignol et la mésange à tête bleue. Même au plus fort de l’été, il […]

Une odeur de figuier sauvage (A Ciosi)



Dominique Culioli, le personnage principal de la Terre des Seigneurs, est né à Chera, petit hameau situé dans l’extrême sud de la Corse. Son père meurt alors qu’il n’a que treize ans. Désormais chef d’une famille nombreuse, il n’a plus qu’un objectif : sortir les siens de la misère. Gabriel Culioli, également auteur des Pierres de l’Apocalypse, en dépeignant ainsi l’existence des siens, a écrit le livre incontournable pour tous ceux qui veulent comprendre l’âme corse.

La terre des Seigneurs (GX Culioli)



Sur les arêtes du San Pedrone, les villages étirent leurs dos écailleux par-dessus la houle de châtaigniers. Un peuple singulier habite cette montagne. Il est composé d’hommes et d’arbres qui ont traversés les siècles, étroitement liés jusque dans leur déclin. Aujourd’hui, encore unis dans un même destin, les uns et les autres survivent, dans l’attente d’un possible regain. A leurs pieds, les fougères, elles, à chaque automne, font seulement semblant de mourir. Elles renaissent chaque […]

Gens et terre d’Orezza (L Alessandri)



Francesca Maria est née au début du siècle dans un village des montagnes au-dessus de Bastia. Elle y a vécu, elle s’y est mariée et elle a été heureuse au sein de cet univers dont elle a fini par percer tous les secrets, par connaître toutes les coutumes et les traditions. Elle s’en fait le témoin, en racontant sa vie au fil des ans. Les travaux et les jours, les joies et les peines, les […]

La Corse de Francesca Maria (P Dalmas-Alfonsi)



Le XXè siècle a été pour la Corse celui des grandes mutations. Les changements sociaux et culturels, accélérés par les guerres et les remous politiques, ont entraîné une modification souvent brutale des modes de vie Le présent témoignage, recueilli en 1974, 1978 et 1980 par l’auteure auprès de Petru Vellutini, passager du siècle, s’avère précieux pour l’intelligence de ces changements. Aborder la grande Histoire à travers le vécu des anonymes est en effet fondamental si […]

Petru Vellutini, pastori (M Giacomo-Marcellesi)



Ile-Rousse, ville corse de la côte nord-ouest : Marie (di) fille de Lola y naît en 1894. À travers le récit de cette vie, c’est pratiquement la vie de la Corse de cette époque qui est restituée. Société immuable en apparence et pourtant menacée, elle s’exprime à travers ses techniques, ses mœurs, ses coutumes : vivre, aimer, mourir, mais aussi apprendre, travailler, s’amuser, aller à l’église, frémir aux histoires des veillées, désirer ou refuser le continent que […]

Marie di lola (M. Castelli)



« Après avoir donné trois coups de sirène, le bateau se détache du quai. A côté de moi, ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui pleurent, ils répondent d’un geste de la main ou avec un mouchoir à ceux de leur famille qui, sur le quai, font de même. Ce sont des gens qui, comme ma mère et moi, quittent leur terre, leur village, leur famille, en espérant que la vie sur le continent […]

Ce fil qui nous lie (I. Ceccaldi)