Fils et petits fils de berger en Alta Rocca (J.D Giovannangeli)


La transhumance se préparait quelques jours à l’avance. Il fallait laisser tout en ordre. Du pain biscuit en quantité et des réserves alimentaires étaient stockés dans notre maison d’Oriu afin que ceux qui devaient rester à la plaine durant les grands travaux des champs ne manquent de rien. Au moment de la fenaison, des blés à couper ou la vigne à traiter, on ne pouvait s’absenter pour aller en ville.

La veille du départ, le cabriolet était chargé de caisses où l’on avait entassé des provisions et des vêtements chauds. Le lendemain, les poules étaient enfermées dans une grande caisse à claire-voie et prenaient place dans le chargement, en même temps que le chat, placé dans un carton fermé sur lequel on avait pratiqué quelques trous pour qu’il puisse respirer.

Les chiens suivaient le troupeau qui s’ébranlait après la traite du matin. Notre mère arrivait à faire son fromage avent de fermer « le Château ». Dans la mesure du possible, les cochons partaient avant la levée du jour, puisqu’ils supportaient difficilement les chaleurs du mois de juin. La mission de les guider incombait aux deux aînées de la famille. Ce qui signifiait que jeune, sinon très jeunes, nous devions faire le trajet à pied jusqu’à Sapareddu.

Le lendemain, il n’y avait pas que les cochons qui avaient mal aux pieds. C’est pourquoi, en guise de repos, nous en avions pour trois jours à ensemencer ls légumes, pendant que mon père traçait les sillons. Son temps était compté car il devait vite retourner à la plaine où les grands travaux ne pouvaient attendre…

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